• Les profs : Serdaigles, Gryffondors, Poufsouffles ou Serpentards ?

     

    Professeur néotit en phase d'être titularisé. 

     

    Et si le Choixpeau magique de Poudlard classait les profs comme dans Harry Potter, ça donnerait quoi ? 

     

    1/ Les Serdaigle

    Les profs de la maison Serdaigle aiment le savoir. Ils adorent leur discipline et ont choisi ce métier pour en faire le centre de leur vie professionnelle. 

    Ils ont l'avantage de pouvoir communiquer leur passion plus que d'autres, et plus que d'autres, ils peuvent voir ce qu'il faut transmettre ou pas aux élèves, dans quel ordre, dans quel but. 

    Mais ils ont parfois les défauts de leurs qualités. L’œil rivé sur leur discipline, ils peuvent oublier les élèves réels et hésiter à sacrifier des connaissances chèrement acquises pendant leurs études. Ils refuseront d'enseigner une version d'un savoir jugée obsolète, alors même que cette version est la plus à même d'être comprise et utile aux élèves. 

    Ils pestent, souvent à raison, parfois à tort, sur le niveau des élèves. Le danger ultime est chez eux d'accepter de ne s'adresser qu'à une partie des élèves, ceux qui sont capables d'apprécier les savoirs qu'ils estiment devoir transmettre.  En cela, la maison Serdaigle n'est parfois pas loin de celle des Serpentards.

     

    2/ Les Gryffondor

    Ceux-là font ce métier pour les élèves. Éducateurs dans l'âme, ils veulent que les élèves deviennent meilleurs. Mais cette amélioration n'est pas seulement dans leur tête liée à une discipline, ni même à des critères scolaires comme la réflexion, l'expression ou la rigueur. Ils envisagent l'élève comme un tout. Leur ambition : faire de l'élève un homme bon, dans tous les sens du terme. 

    Ils sont volontiers bienveillants avec les élèves, leur accordent du temps, discutent avec eux. Ils prennent en compte l'individualité de l'élève et tentent de faire qu'il se mette lui-même au travail ; c'est-à-dire qu'ils cherchent à faire que l'élève désire de lui-même devenir "meilleur". 

    Vaste programme, qui échoue forcément, ou plutôt qui ne marche jamais autant que les Gryffondor le désireraient. Allez donner à quelqu'un le désir du bien...

    Surtout, ils oublient qu'il faut bien prendre ce projet d'amélioration par un bout, dans un système scolaire et dans une société donnée. Et ce bout, c'est l'école, les savoirs, les disciplines constituées. Leur devise, Tota in totis, leur fait courir plusieurs lièvres à la fois, et non des moindres : raisonnement, morale, civisme, autonomie, liberté, vivre-ensemble...

    Finalement, ce sont parfois les savoirs qui sont oubliés au passage. En cherchant à atteindre des buts chimériques ou hors de portée, les Gryffondor lâchent la proie pour l'ombre. 

     

    3/ Les Poufsouffle

    Les élèves et le savoir ne sont pas la priorité des membres des Poufsouffle. Ceux-ci respectent le système. 

    Examens à faire passer, orientation à préparer, injonctions du Ministère à satisfaire, réformes à mettre en oeuvre, il y a des tas de choses à faire pour que le système continue à fonctionner. 

    Et on ne saurait les blâmer. Sans eux, pas d'école qui marche. Il serait illusoire de croire qu'une institution chargée de millions d'élèves puisse fonctionner par simple goût des savoirs ou souci des élèves. 

    En outre, un prof de Poufsouffle qui prépare ses élèves à réussir les examens, à remplir les critères qu'on leur demande de remplir, c'est une chance pour ces élèves. Ils ont besoin de croire que le système sert à quelque chose. D'ailleurs, toutes ces composantes sont utiles, au moins en partie. Les examens permettent d'examiner, au moins un peu. Les réformes permettent de réformer, au moins un peu. L'orientation oriente, comme elle peut. Quant aux injonctions, il leur arrive d'avoir un sens. 

    Le problème, c'est quand on adhère si bien au système qu'on en oublie son utilité véritable : la transmission des savoirs pour rendre les élèves meilleurs. Les Poufsouffle oublient parfois ce qu'aucun Serdaigle ni aucun Gryffondor n'oublie.

    En outre, à force de perpétuer le système, il est difficile de savoir quand il faut le changer, ni comment, ni pourquoi. 

    Evidemment, nous sommes tous un mélange de ces trois maisons. Personnellement, je me sens très Serdaigle, plutôt Gryffondor, et pas du tout Poufsouffle. 

    Mais il reste une maison. Osons passer du côté obscur pour voir ce qui s'y passe. 

     

    4/ Les Serpentards

    Malheureusement, il y a des Serpentards pur-jus dans l'Education nationale. Les vrais, les durs, ce qui ne pensent ni aux élèves, ni aux savoirs, ni à l'institution, mais à eux-mêmes. N'en faisons pas trop : il y a déjà suffisamment de bashing anti-prof. Mais il est vrai qu'il y a quelques profs (on en connaît tous un) qui mériteraient de subir un bon Stupéfix, jusqu'à la fin de leur carrière. 

    Le Serpentard peut être fainéant, insinuant, semeur de zizanie, toxique, voire dangereux pour les élèves. Le fait est là : l'Education nationale n'arrive pas à se passer de ce pourcentage infime, mais réel. 

    Cependant, je serais prêt à soutenir qu'un bon prof a besoin d'un petit côté Serpentard. Imaginez une combinaison de Serdaigle, de Gryffondor et de Poufsouffle en un seul prof, ou dans une seule salle des profs. Quelle figure imposante pour les élèves ! 

    Encore, à l'école primaire, où les enfants ont besoin de repères stables, autant cognitifs qu'affectifs ou institutionnels. Mais à l'adolescence, les élèves ont besoin d'avoir des hommes et des femmes en face d'eux, pas des divinités pleines d'ambition intellectuelle, de bons sentiments ou de sérieux. 

    Il faut savoir parler Fourchelangue avec eux, prendre en compte le rejet qui est souvent le leur de l'école, des savoirs et des adultes qui leur veulent du bien. 

    Un peu de distance, d'ironie, d'humour noir et de politiquement incorrect ne peuvent faire que du bien pour ce faire. 

    Plus égoïstement (en vrai Serpentard), il faut parfois se moquer un peu de son métier, de soi-même, des élèves pour tenir. Le cynisme, à dose homéopathique, est une bonne médecine. Les profs le savent bien, qui disent des vacheries sur les élèves en salle des profs pour décompresser, tout Serdaigle, Gryffondor ou Poufsouffle qu'ils soient. Et il serait malvenu à un des membres "purs" de ces maisons de s'en offenser.

    *** 

    Bon, cette description en dit peut-être plus long sur moi que sur les profs, c'est possible. Mais je trouve que ça marche pas mal, tout de même !

    J'attends maintenant les profs en Pokémon...

     

     


  • Commentaires

    1
    Mardi 25 Octobre 2016 à 23:55

    Bien vu !

    Deux petites coquilles : Un "Serredaigle" dans la description des Serpentards et un peu en-dessous, quand tu parles du Fourchelangue, un "suvent" au lieu de "souvent".

     

    2
    François
    Mercredi 22 Mars à 12:56

    Et dans quelle catégorie vous situez-vous ?

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